Mode
KOFI ANSAH
Ce deuxième épisode focus sur les créateurs de mode africain est réservé à la mode ghanéenne d’après Kofi Ansah.
Né en 1951 au Ghana, il est contemporain de Naïma Bennis, découverte dans notre précédent épisode. À l’instar de la créatrice, il est considéré comme un des pionniers de la diffusion de la mode africaine à l’international. Cependant, son parcours et son approche de la mode sont très éloignés de ceux de Naïma Bennis.
Issu d’une famille d’artistes, il se rend à Londres pour apprendre le design de mode au sein de la Chelsea School of Art, où il ouvre son regard sur les modes du monde entier. Son départ pour Londres a été facilité par le gouvernement ghanéen qui, dans les années 1950 et 1960, accordait des bourses d’études pour se rendre dans des pays occidentaux.
Lors de l’obtention de son diplôme, il se distingue par l’ingéniosité de ses technologies textiles, dont il use pour ses créations. L’importance accordée aux textiles qu’il utilise est restée un élément important au sein de la conception de toutes les collections réalisées au Royaume-Uni et au Ghana.
Durant ces vingt années au Royaume-Uni, il collabore avec de nombreuses marques et fonde finalement la sienne en 1980. Ses créations rencontrent un grand succès notamment après la confection d’une robe en perles pour la princesse Anne d’Angleterre.
Malgré tout, ses collections ne traduisent pas pleinement son désir de représenter la culture de l’habillement ghanéen, puisque Kofi Ansah s’adapte à sa clientèle anglaise. Il retourne au Ghana tardivement au début des années 90 et est motivé par l’envie de créer des vêtements à partir des tissus produits localement, comme le kente, afin d’être au plus près de sa propre culture.
Les courants de mode au Ghana sont variés, néanmoins nous pouvons retenir le mouvement de mode avant-gardiste, dont un des premiers créateurs fut Kofi Ansah. Ses collections de mode audacieuses et créatives ont permis à la mode ghanéenne d’être propulsée sur le devant de la scène, ouvrant la voie aux créateurs qui lui ont succédé.
Sa popularité lui permet de participer à de nombreux projets, comme celui de créer des uniformes pour les joueurs de football ghanéens à l’occasion de la coupe d’Afrique des nations de 2008.
Parmi ses créations, nous retenons sa collection Blue Zone, qu’il présente en 1988 à l’hôtel Dorchester à Londres, qui regroupe une variété de vêtements imaginés autour de la couleur bleue.
Dans l’ensemble de son œuvre, Kofi Ansah a exploré toutes les formes de vêtements : les robes du soir très sophistiquées, les costumes, ou encore les pantalons. Le créateur jouait tant sur les volumes et les formes que sur les couleurs et les textures, proposant alors une gamme de vêtements variée et éclectique.
Kofi Ansah, par ses collections de vêtements, n’a pas seulement permis de populariser la mode ghanéenne. Son impact sur cette industrie a touché plusieurs domaines : celui de la production de tissus, puisqu’il a longtemps collaboré avec Woodin et Ghana Textiles pour ses créations, démocratisant la vente de tissu au Ghana. Il valorise également la production de tissus locaux, principalement constitués de bois ou de raphia.
Enfin, dans une dynamique de travail au sein d’une industrie durable, il a été à l’origine de plusieurs programmes d’enseignement du design, poussant les nouvelles générations à investir dans l’industrie de la mode.
Les créations de Kofi Ansah ont eu un réel impact sur le lancement de la mode ghanéenne, la rendant plus attractive, poussant à la création et ouvrant la voie aux jeunes designers. Aujourd’hui, des créateur·ices comme Aisha Ayensu et sa marque Christie Brown perpétuent l’héritage laissé par Kofi Ansah et proposent une mode ghanéenne toujours plus originale et innovante.
Pour aller plus loin
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